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Publié le : 24 Janvier 2014 à 11:01:15
Prof. AHOURE Alban Directeur p.i de la CAPEC
Prof. AHOURE Alban,
Directeur p.i de la CAPEC :

« La CAPEC devrait continuer d’exister dans les années à venir et demeurer ce Think Tank incontournable »

A l’occasion de la célébration des 20 ans d’existence de la CAPEC au cours de l’année 2013, le Directeur p.i de la CAPEC fait le bilan des interventions de la Cellule et livre sa vision prospective.

 

Monsieur le Directeur, la CAPEC célèbre son vingtième anniversaire cette année. Dans quel état l’avez-vous trouvée, en juillet 2011, au moment de votre accession à ce poste ?

Nous avons pris la Direction de la CAPEC à la fin de la crise post-électorale. La Côte d’Ivoire était dans une situation particulièrement difficile. Ce qui veut dire que la CAPEC elle-même se trouvait dans une situation complexe. La CAPEC devait en ce moment, développer des stratégies pour demeurer et garder le niveau auquel mes prédécesseurs l’avaient hissée. C’était une tâche difficile, voire insurmontable, vu qu’il s’agissait de personnalités de très haut niveau qui avaient dirigé la CAPEC. Certains se demandaient si le jeune Docteur que j’étais, pourrait tenir la Cellule. Cette inquiétude était partagée tant au niveau des institutions nationales qu’au niveau du principal Bailleur de fonds, l’ACBF. Les chercheurs et le personnel d’appui s’interrogeaient également sur l’avenir de la CAPEC. Notre rôle était donc de développer des stratégies que nous avons essayé de mettre en œuvre pour que la CAPEC puisse continuer d’exister et aller au-delà du niveau qu’elle avait déjà atteint.

 

Quels sont les résultats que vous avez obtenus à ce jour ?

Les résultats obtenus sont consécutifs à ceux de nos prédécesseurs puisqu’il s’agissait d’un Accord de Don signé entre la Côte d’Ivoire et l’ACBF et qui devait être mis en œuvre. Dans cet accord de don figure un certain nombre d’activités et de résultats à atteindre. Les objectifs principaux étant alors, de pouvoir continuer à accroître les capacités des cadres de l’Administration publique et privée et de la Société civile en matière de définition et de mise en œuvre de politiques économiques. Un autre objectif, était de faire de la CAPEC un centre d’excellence dans le paysage des Centres de recherche ou des Think Tanks en CI et en Afrique. Il a fallu pour ce faire, mettre en œuvre différentes stratégies et activités de Communication ou de Visibilité qui puissent permettre à la CAPEC d’atteindre ses objectifs. Nous avons donc continué dans le sens de ce que les Directeurs précédents avaient déjà réalisé. Cela nous a permis d’atteindre un certain nombre de résultats.
Notamment, au bout de ces vingt ans, ce sont 1250 cadres formés, plus de 40 sessions de formation, 126 études portant sur divers thèmes développés par des chercheurs de la CAPEC. Mais également, des études menées dans le cadre de convention ou de contrat menées aussi bien avec des institutions nationales et internationales. Tout cela a permis de placer la CAPEC comme le 1er Think Tank en CI sur une douzaine de Think Tanks recensés par une institution américaine qui recense les Think Tanks chaque année. La CAPEC occupe par ailleurs, la 22ième place sur 550 en Afrique Subsaharienne. Pour dire, combien le travail réalisé non seulement par les prédécesseurs, mais également par nous-mêmes, au bout de deux années et demies de fonction, a pu permettre à la CAPEC de voir croître sa notoriété auprès des décideurs, en matière de politiques économiques.
Ces résultats sont importants dans la mesure où ils ont un réel impact en matière de changement. Par exemple, des cadres de l’Administration arrivent à signifier que leur maîtrise ou leur contribution à l’élaboration du Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT), dans leur Ministère, provient particulièrement des formations organisées par la CAPEC. Des Directeurs de Cabinet de Ministères pourront également dire qu’en matière de décision de politiques économiques, ils se réfèrent quelque fois aux documents produits par la CAPEC et distribués gratuitement chaque année.

 

Quelle stratégie avez-vous mise en place afin de rompre avec la recherche purement fondamentale décriée par beaucoup ?

Pour se rapprocher des Administrations publique et privée et de la Société civile et répondre plus efficacement à leurs besoins en études et en formation, la CAPEC a entrepris depuis quelques années, une série de rencontres d’échanges avec les points focaux désignées par celle-ci. A l’issue de ces rencontres, nous élaborons une matrice des besoins transversaux que nous intégrons dans notre programme d’activités. Cela nous permet de répondre aux attentes précises des bénéficiaires et de nous rendre davantage pertinents auprès des utilisateurs de nos produits.

 

A quelle CAPEC devrait-on s’attendre d’ici une vingtaine d’années ?

Pour les années à venir, il est important de signifier que la CAPEC devrait continuer d’exister. La CAPEC devra par la suite, demeurer ce Think Tank d’excellence. Elle devra être incontournable dans l’environnement ivoirien en matière d’élaboration, de mise en œuvre de décision concernant les politiques économiques. Ce qui voudrait dire que le Gouvernement devrait faire de la CAPEC, ce Centre de référence pour tous les Ministères, de manière à ce que ses produits soient utilisés dans l’élaboration des politiques économiques. Les institutions nationales et internationales devraient consulter la CAPEC pour tout ce qui concerne des études ou des formations précises. La CAPEC devrait être la première référence en CI et l’une des premières en Afrique, en ce qui concerne le paysage des Think Tanks. La CAPEC, de par son pouls de chercheurs est capable et devrait maintenir cet élan pour les années à venir. Notre vision dans 20 ans, c’est cette CAPEC incontournable, cette CAPEC d’excellence que toute institution crédible en CI devrait consulter lorsqu’elle a une étude à mener.

 

Monsieur le Directeur, c’est sous votre mandat que la CAPEC entame sa mutation vers le Programme-pays de renforcement des capacités. Comment se traduit véritablement cette mutation ?

La troisième phase du Projet devrait prendre fin depuis le 30 novembre 2011. Compte tenu du fait que les résultats attendus n’étaient pas totalement atteints, du fait de la situation de crise qu’a traversé le pays, l’ACBF a permis la prorogation de la fin de cette phase jusqu’au 30 novembre 2013. A partir de ce moment, la CAPEC est rentré dans le Programme-pays de renforcement des capacités en CI dont l’accord de don a été signé en mai 2013, entre l’Etat Ivoirien et l’ACBF. Pour les 5 années à venir, la CAPEC travaillera au sein de ce vaste programme qui renferme toutes les institutions de renforcement des capacités en CI. Mais il faut souligner que la CAPEC a une place de choix, étant donné qu’elle dispose d’une expérience de vingt années en matière de renforcement des capacités, précisément en termes d’études, de formation et d’appui technique. Nous travaillerons donc dans ce cadre qui donnera une autre visibilité à la CAPEC et lui permettra de joindre ses efforts à ceux des autres institutions et de demeurer dans le pouls des Think Tanks de l’ACBF à travers ce Programme de renforcement des capacités en Côte d’Ivoire.

Interview réalisé par Mayane YAPO, Chargé de la Communication et de la Visibilité de la CAPEC
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