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Publié le : 13 Août 2018 à 12:29:09
Photo de famille autour de Mme le Ministre Nialé Kaba, marraine de la cérémonie.
INNOVATION, CROISSANCE INCLUSIVE ET EMERGENCE ECONOMIQUE DES PAYS
Regards croisés d’experts autour d’échanges initiés par la CAPEC

Comment arriver à accélérer de façon efficace l’innovation et le rattrapage technologique en Côte d’Ivoire? Vers quels secteurs orienter le processus d’innovation et de rattrapage technologique pour une transformation structurelle plus rapide et une croissance économique forte et durable ? Quelles leçons tirées des pays émergents pour rendre la croissance économique plus inclusive en Côte d’Ivoire?». Ce sont en substance, des questionnements auxquels Prof. Ahouré Alban, Directeur p.i, a appelé des éléments de réponses de la part des experts et de toute l’assistance conviés au forum d’échanges organisé par la CAPEC, le jeudi 19 juillet 2018, à l’Hôtel Azalaï (Abidjan-Marcory). «Innovation, croissance inclusive et émergence économique des pays : quelles leçons pour la Côte d’Ivoire?», en était le thème principal.

 

Prof. Ahouré Alban

Prof. Ahouré Alban a justifié le choix de ce thème par ce constat de la situation socio-économique du pays: «La forte croissance que connaît la Côte d’Ivoire depuis la reprise économique à partir de 2012 (8% en moyenne par an), ne s’est pas suffisamment accompagnée par une réduction de la pauvreté (taux de pauvreté de 46,3% en 2015) et par ricochet par un accroissement sensible du bien-être de la majeure partie des citoyens. Au même moment, il y a un besoin crucial de transformation structurelle de l’économie et d’industrialisation, qui font appel à l’innovation et au rattrapage technologique».

 

C’est pourquoi, convaincu de la pertinence des recommandations pratiques qui sortiront de ce forum, le Directeur p.i de la CAPEC a promis d’en éditer un Rapport qui sera transmis à tous les acteurs et partenaires au développement. Notamment, à Mme le Ministre du Plan et du Développement, Mme Nialé KABA, marraine de la cérémonie qui a d’ailleurs, relevé l’importance de ce forum en ces termes: «La problématique de l’innovation et de la croissance inclusive dans le processus d’émergence des pays est une question fondamentale, pertinente et complexe. Les résultats des échanges contribueront en effet, à une meilleure compréhension des mécanismes et des leviers permettant d’accélérer l’innovation tout en renforçant le caractère inclusif de la dynamique de croissance qu’enregistre notre économie depuis 2012»

Mais avant, l’occasion était belle pour Mme le Ministre, de noter avec l’OCDE que ‘’La croissance économique est inclusive lorsqu’elle crée des opportunités pour tous les segments de la population et lorsque ses bénéfices, à la fois économiques et non-économiques, sont redistribués de manière équitable au sein de la société…. L’innovation qui constitue un vecteur essentiel des transformations structurelles renforce la croissance économique et peut améliorer l’inclusivité de la croissance à travers la création d’emplois, de richesses ou d’opportunités pour les plus défavorisés’’.

 

Ainsi, poursuivra –t-elle, «Dans la mise en œuvre du PND, le Gouvernement met l’accent sur les infrastructures et la satisfaction des besoins sociaux de base (éducation, santé, sécurité alimentaire et logement), les réformes structurelles visant à améliorer la productivité et la compétitivité de l’économie, et des politiques ciblées en faveurs des jeunes, des femmes et des plus démunis… l’innovation et le transfert technologique sont reconnus dans le PND comme étant des moteurs de la transformation structurelle et de la croissance inclusive».

 

La table d'honneur.

Mme Nialé Kaba a révélé en outre, que ‘’la stratégie d’innovation adoptée par le Gouvernement vise à créer des champions nationaux, à promouvoir des entreprises compétitives et résilientes, à moderniser et transformer durablement les services offerts aux populations’’.  Il s’agira surtout, a-t- elle déclaré, ‘’de faire de la Côte d’Ivoire un carrefour de l’innovation’’. Elle a clos son propos en rappelant les actions sociales entreprises par le Gouvernement, afin d’assurer une meilleure répartition des fruits de la croissance. Notamment, l’augmentation du SMIG qui est passé de 36 000 à 60 000 francs CFA; le déblocage et la revalorisation des salaires des fonctionnaires; l’augmentation continue des dépenses pro-pauvres qui se chiffrent à 2 290,8 milliards de Francs CFA en 2018 en hausse de 10,7% par rapport à 2017; et  la mise en œuvre du projet de filets sociaux productifs qui a débuté en 2015 sur un échantillon de 35 000 ménages. Pour terminer, Mme le Ministre du Plan et du Développement a réitéré ses remerciements à tous les partenaires au développement, en particulier à l’ACBF et à la BAD pour leur appui significatif au processus de marche de la Côte d’Ivoire vers l’émergence.

 

Afin d’approfondir les réflexions sur le thème dudit forum, cinq Communications ont été présentés par des experts nationaux et des partenaires au développement. Qui, par la suite, ont animé un panel d’échanges dont la modération a été assurée par Prof. Bamba N’galadjo Lambert, Conseiller du Ministre de l’Economie et des finances.

 

Faut-il le rappeler, ce forum s’inscrit dans le cadre d’une convention entre la CAPEC et l’ACBF, financée par la BAD. Elle couvre un ensemble d’activités comprenant 4 formations, deux (02) fora et un (01) séminaire de dissémination des résultats de travaux de recherche. Les deux dernières activités de cette convention (un séminaire de dissémination et un forum d’échanges), se tiendront respectivement, le 27 juillet et le 03 août 2018, à Abidjan.

Panel d'échanges.
Une vue du public...
...venu en nombre et en qualité.
EXTRAITS DES COMMUNICATIONS

Dans «État des Lieux des capacités en Science, Technologie et Innovation en Afrique (ACR 2017, ACBF)» présenté par Prof. Ahouré Alban, l’on retiendra essentiellement que l’Afrique rencontre des défis en matière de renforcement des capacités. Notamment la faiblesse des investissements, l’insuffisance des ressources humaines de qualité, le déficit d’infrastructures, le manque d’indicateurs et de données et la faible participation des femmes aux activités de Recherche-Développement (R&D). Le Directeur de la CAPEC a cependant noté que des initiatives nationales, régionales et des projets collaboratifs internationaux en STI ont été mises en place pour faire face à ces défis.

 

M. José Gijon

M. José GIJON, Représentant résident du Fonds Monétaire International (FMI) en Côte d’Ivoire a apporté sa contribution aux analyses sur les « Stratégies et mécanismes d’Innovation et de Rattrapage technologique par les pays africains». Il a mis en exergue entre autres, une croissance en légère hausse en Afrique subsaharienne et souligné la nécessité d’accélérer cette croissance pour relever les défis à venir.  Les objectifs prioritaires selon lui, sont constitués par la soutenabilité macroéconomique, l’accroissement de l’espace budgétaire pour financer les politiques ambitieuses de développement et d’innovation dans les secteurs prioritaires et le relèvement de la croissance à moyen terme.

 

M. Marcellin Cissé

Le troisième sous thème «Secteurs stratégiques pour la transformation structurelle de la Côte d’Ivoire: quelles innovations et technologies à capter?» scindé en deux, a été développé premièrement par M. Marcellin CISSE, Directeur Général du Plan et de la Lutte contre la Pauvreté (MPD). D’entrée, M. CISSE a relevé les principales réalisations et les leçons tirées de la mise en œuvre du PND 2012-2015, ainsi que la vision, les secteurs stratégiques et la politique industrielle pour l’émergence. Selon lui, les secteurs moteurs de la croissance économique en Côte d’Ivoire sur la base de leurs avantages comparatifs, sont l’agriculture, l’agro-industrie, les Mines, le pétrole, le gaz et l’énergie, le transport, le commerce et la télécommunication.

Au titre des résultats obtenus à mi-parcours de la mise en œuvre du PND 2016-2020 et particulièrement pour l’année 2017, M. Marcellin Cissé a noté entre autres, le renforcement de la richesse créée à travers une amélioration des conditions de vie des populations, une hausse de près de 43% du PIB par habitant depuis 2012, le développement du capital humain et l’accès aux services sociaux de base, à travers la réalisation d’importants investissements dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la nutrition etc.


Prof. annick Tahiri

Toujours dans le prolongement du troisième sous-thème, l’on saura avec le Prof. Annick Tahiri, Directrice de la Protection et de la Valorisation de la Recherche et de l’Innovation Technologique (MESRS), qu’il existe en Côte d’Ivoire environ 2500 chercheurs dont 30% de femmes. Et, que seulement 0,2% du PIB sont consacrés à la R&D (masse salariale non comprise).

Les secteurs porteurs en Côte d’Ivoire et des innovations stratégiques, existent selon elle, notamment dans l’agriculture, les énergies renouvelables, les Technologies de l’Information et de la Communication, l’éducation et la santé.

En outre, Prof. TAHIRI a révélé que 30% des Start-up ayant des prototypes et des business plans ont été accompagnées par le gouvernement. Elle a indiqué cependant que les Start-up sont moins présentes dans les secteurs du cinéma, du coton et textile, du tourisme et du sport. Aussi, les a-t-elle invités à saisir les richesses existantes dans ces secteurs.

Pour M. Jacques Morrisset, Economiste en Chef et Coordonnateur des Programmes de la Banque Mondiale (CI), ‘’Les Stratégies et actions en faveur d’une croissance économique plus inclusive en Côte d’Ivoire’’ se résument en ces trois priorités: Conduire une politique de redistribution vers les exclus et les plus vulnérables, notamment par les transferts d’argent via digitalisation; Mener une politique de l’emploi en faveur des jeunes en milieu urbain et Développer une politique démographique en encourageant les activités des femmes et en réduisant les discriminations envers elles.

M. Jacques Morrisset

La Communication de M. Morrisset a permis en outre, de dévoiler que le PIB par tête de la Côte d’Ivoire s’est accru de 43% de 2011 à 2017, tandis que la pauvreté n’a baissé que de 6,5 points. Cela révèle, a-t-il dit: «Une faible élasticité de la pauvreté à la croissance économique de 0,16 alors qu’elle doit être supérieure à 1 pour qu’un pays soit capable de générer une croissance inclusive (Bourguignon, 2003)». Aussi, a-t-il conclu que la croissance économique ivoirienne n’est pas suffisamment inclusive.

 

 

QUELQUES RECOMMANDATIONS DU FORUM

En définitive, tous les présentateurs ont reconnu la Science, la Technologie et l’Innovation (STI) comme forces motrices fondamentales pouvant conduire à la transformation économique de l’Afrique. Au terme des présentations, du panel et des échanges, les participants ont formulé les recommandations suivantes :


  • Développer et mettre en œuvre des politiques inspirées par la STISA-2024 et créer des cadres institutionnels de promotion de la STI pour améliorer le transfert des technologies et des connaissances pour le renforcement des capacités en STI;
  • Améliorer la coopération régionale et adopter des cadres cohérents de coopération entre les gouvernements, les scientifiques, les universités, les décideurs, le secteur privé et la société civile. Il est aussi important de favoriser les partenariats internationaux bilatéraux et multilatéraux de collaboration fondés sur les meilleures pratiques ;
  • Réduire les disparités entre les sexes par le soutien à la participation des femmes dans le développement de la STI et le soutien à l’inscription des filles dans des filières scientifiques et d’ingénierie;
  • Accélérer la mise en œuvre de la politique d’éducation pour tous en portant le taux d’achèvement à l’école primaire de 63,6% à 100%, le taux d’alphabétisation de 43,9% à 65% et le taux brut de scolarisation au secondaire général et technique de 53,8% en 2015 à 91% en 2020 ;
  • Accroitre les recettes fiscales ;
  • Valoriser les résultats de la recherche et encourager les laboratoires de haute technologie à créer des Start-up;
  • Inclure les populations pauvres dans les chaînes de valeurs pour lutter efficacement contre la pauvreté ;
  • Développer une politique démographique en encourageant les activités des femmes et en réduisant les discriminations envers elles.


Mayane YAPO, Chargée de la Communication de la Visibilité de la CAPEC
 
     
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