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Publié le : 14 Avril 2017 à 17:29:10
Les Profs. Keijiro OTSUKA et Tomoko HASHINO de l'Université de Kobé (Japon)
INDUSTRIALISATION EN AFRIQUE / MODELE DU JAPON
L’innovation et le regroupement comme préalables

L’industrialisation en Afrique subsaharienne devrait passer par la capacité d’innovation et de regroupement des entrepreneurs. L’expérience du Japon en la matière, dans le développement des grappes industrielles a été une réussite que deux éminents Chercheurs Japonais, les Professeurs Keijiro OTSUKA et Tomoko HASHINO de l’Université de Kobé, ont bien voulu partager avec des universitaires et des professionnels Ivoiriens ayant un intérêt dans les domaines de l’Innovation, du Développement Industriel, de l’Economie Agricole et de l’Economie du Développement. Une conférence académique a été organisée dans ce cadre, dans la journée du mercredi 29 mars 2017, à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan-Cocody, par la CAPEC, en partenariat avec l’UFRSEG et avec l’appui de l’Ambassade du Japon en Côte d’Ivoire.

 

«Innovation dans le Développement des Grappes (industrielles)» et «Rôle des associations dans la promotion de l’innovation» ont été les thèmes abordés par les deux Chercheurs sur la base de plus de 20 études de cas sur le développement de grappes industrielles réalisées dans plusieurs pays de l’Asie et en Afrique subsaharienne (Japon, Chine Taiwan, Vietnam, Bangladesh, Pakistan, Ghana, Éthiopie, Kenya et Tanzanie).

 

Prof. OTSUKA a invité les Ivoiriens à apprendre de l'étranger. A imiter et non copier.

«Nous avons trouvé plus de similarités que de différences dans le modèle de développement industriel en grappes dans différentes industries dans différents pays. La plupart, sinon la totalité, de l'industrialisation réussie est basée sur des grappes non seulement historiquement, mais aussi actuellement, tant dans les pays développés que dans les pays en développement», a révélé d’entrée, Prof. OTSUKA, spécialiste d’Economie Agricole en Asie et en Afrique et du Développement des Grappes Industrielles. Avant de présenter les différentes étapes qui mènent selon lui à l’industrialisation: «La formation spontanée de grappes industrielles est la première étape du développement industriel inclusif. La deuxième étape est la diffusion KAIZEN, qui améliore la productivité, les bénéfices pour les entreprises nationales et le bien-être des travailleurs. La troisième étape est l'adoption innovante de la technologie et l'expansion de la capacité de production soutenue par une finance adéquate et le développement de parcs ou zones industriels».

 

Il arguera par la suite: «Si une entreprise est située en dehors des grappes, il lui sera difficile d'apprendre d'autres entreprises, de vendre ou d’acheter des pièces et de recruter des travailleurs ayant les compétences désirées». Puis, présentant le rôle de l'innovation dans le développement des grappes industrielles (concentration géographique d’entreprises produisant des produits similaires et étroitement liés dans une zone relativement restreinte), Prof. OTSUKA déclarera que les clés du succès sont les innovations à multiples facettes. Qui passe selon lui, par ‘’l’amélioration de la qualité des produits en employant des ingénieurs, des concepteurs et des ouvriers qualifiés et en utilisant des matériaux et des pièces de haute qualité’’.

 

L’éducation, la capacité, l’expérience et l’attitude à "apprendre de l'étranger" sont autant de facteurs qui selon lui, conduisent à l’innovation. Aussi, déclarera-t-il: «Apprendre de l'étranger» est l'essence du modèle de développement de l'Asie de l'Est». Pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le conférencier a recommandé une stratégie consistant à renforcer la capacité des entrepreneurs nationaux à apprendre des entreprises étrangères au moyen de programmes de formation stratégiques. A ne pas confondre avec l’imitation servile qui réduit elle, ‘’les incitations à innover parce que le bénéfice privé de l'innovation est plus petit que son avantage social. La facilité d'imitation est une lacune majeure du pôle industriel’’. Il propose que l'innovation soit soutenue soit par l'action collective des producteurs, soit par la politique industrielle, soit par les deux. L’un des facteurs déterminants de l’industrialisation (et non des moindres), relevé par Prof. OTSUKA est la politique industrielle qui devrait combiner aussi bien les aides gouvernementales que les Investissements Directs Etrangers (IDE) afin de générer des emplois et favoriser l’exportation de produits industriels.

 

Pour le Prof. Tomoko HASHINO, le regroupement est la clé du succès du développement industriel.

A sa suite, sa collègue et compagne, Prof. Tomoko HASHINO, dont les travaux portent notamment sur l’Histoire Economique et le Processus de Développement du Japon Moderne, a mis en exergue l’importance du regroupement. Pour elle, le regroupement est la clé du succès du développement industriel en raison des économies d'agglomération. Les facteurs déterminants ici, sont relatifs aux retombées de l'information, (source d’imitation), à la spécialisation et à la répartition du travail entre les entreprises (coûts de transaction faibles en raison de la proximité des partenaires transactionnels), au développement des marchés du travail qualifiés, (Ingénieurs, concepteurs et autres généralement par le braconnage) et à la disponibilité de ressources humaines utiles pour les innovations (ingénieurs, designers, commerçants, etc.)

 

Signalons que ces deux éminences grises Japonaises avaient à leur côté, M. MURATA Yukuo, Conseiller à l’Ambassade du Japon en Côte d’ Ivoire, Monsieur le Doyen de l’UFRSEG, Prof. Ballo Zié et le Directeur p.i de la CAPEC, Prof. Ahouré Alban. Tous ont salué l’opportunité de cette conférence qui, tout comme les Séminaires Internationaux sur les Etudes Japonaises, visait à faire connaître les résultats des études de ces deux chercheurs japonais et à éclairer les décideurs et la communauté universitaire sur des opportunités de recherche et les orientations pour un véritable décollage industriel de la Côte d’Ivoire.

 

Quelques autorités universitaires, ici ,autour des 2 éminents chercheurs Japonais.
BONNES NOUVELLES BOUAKE !

Afin de venir à bout des difficultés qui minent leur secteur d’activité, huit (08) moulins à riz avancés à Bouaké, qui utilisent des fraiseuses avec des détonateurs, ont formé depuis 2015, l’Union des Rizeries de Bouaké (URIB). L'un des buts fixés par cette organisation est d'organiser des programmes de formation pour les gestionnaires et les travailleurs sur la mécanique des fraiseuses, la gestion du moulin à riz et le contrôle de la qualité. Ils sont accompagnés dans cette dynamique par des organismes publics tels que l’ANADER et l’ONDR qui leur offrent des programmes de formation.
L’un des objectifs majeurs que s’est fixé l’URIB est de pouvoir établir la marque Bouakérice. Pour ce faire, elle s’attèle à la promotion de 906 petits moulins à riz utilisant des machines traditionnelles, offrent des contrats aux producteurs de riz incluant des intrants sur le crédit et des instructions de production.

 

«C'est un excellent modèle pour le développement industriel dans ce pays»! ont reconnu les deux éminents chercheurs japonais.»

Mayane YAPO Chargée de la Communication et de la Visibilité de la CAPEC
 
     
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