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Publié le : 06 Mai 2016 à 19:19:46
Les Autorités Universitaires ont apporté leur appui à la CAPEC.
ENVIRONNEMENT DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES EN COTE D’IVOIRE
La CAPEC propose des pistes pour la redynamisation

Selon une étude menée récemment par la CAPEC sur l’«Evaluation de l’Environnement de la Recherche en Sciences Sociales en Côte d’Ivoire», la pratique de la recherche rencontre d’énormes difficultés dans les universités publiques ivoiriennes en général, et en particulier, dans les nouvelles universités (Univ. Lorougnon Guédé de Daloa et l’Univ. Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo). Ce diagnostic, a noté Prof. AHOURE Alban, Directeur p.i de la CAPEC et responsable de l’équipe Ivoirienne, est équivalent à l’état de la recherche scientifique présenté par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) en 2012. ‘’Il met en exergue la présence d’obstacles à tous les niveaux qui sont entre autres, la faiblesse du budget alloué à la recherche au regard des résultats attendus, l’instabilité du cadre juridique et institutionnel, l’insuffisance des ressources humaines et matérielles, une faible valorisation des acquis de la recherche, la fuite des cerveaux liée aux mauvaises conditions de travail et l’absence de motivation, l’inorganisation de la coopération nationale et internationale entre les structures de recherche, etc’’.

 

Les facteurs explicatifs de cette situation, ainsi que le relèvent les résultats de l’Etude, sont: le manque ou la vétusté des infrastructures, l’isolement scientifique de certaines institutions de recherche et de leurs chercheurs, le faible accès à une documentation de qualité et l’insuffisance des activités de renforcement des capacités des chercheurs. «Au total, c’est à une redynamisation de la recherche scientifique en Sciences sociales qu’il faut pouvoir parvenir, conformément aux objectifs de l’émergence du pays en 2020», a souligné Prof. Ahouré.

 

C’est pourquoi, arguera-t-il: «Les réformes à entreprendre devront porter sur l’environnement de la recherche, les conditions de travail et les incitations des chercheurs ainsi que la gouvernance du secteur de la recherche. L’ensemble des parties prenantes de la recherche (l’Etat, les institutions de recherche, les chercheurs et les utilisateurs) devraient concilier leurs efforts pour réhabiliter, construire et équiper les espaces de recherche en infrastructures de qualité en mettant l’accent sur l’accès aux données, aux Technologies de l’information et de la communication et en favorisant le réseautage. Mais au-delà de l’environnement, l’Etat doit améliorer le mécanisme d’incitation en vigueur en offrant par exemple, des primes exceptionnelles aux chercheurs les plus productifs et dont les résultats concourent effectivement à une amélioration des politiques et stratégies tant au niveau du secteur public, du secteur privé que de la société civile. L’accent devra être mis davantage sur le financement des activités de renforcement des capacités (séminaires, colloques, fora, débats, conférences, formations, etc.) menées dans les institutions de recherche. La gouvernance du secteur doit renouer avec l’identification et la programmation des projets prioritaires de développement de la recherche scientifique. Elle doit en outre favoriser le pilotage sectoriel des activités de recherche de sorte à éviter la dispersion des efforts et optimiser les opportunités de valorisation des résultats de la recherche. Enfin, renforcer la coopération internationale peut créer de nouvelles opportunités pour les chercheurs et améliorer la confiance des utilisateurs de la recherche».

 

L’étude réalisée par la CAPEC a été financée par le Global Development Network (GDN), avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) et du Centre Suisse de Recherche Scientifique (CSRS). Ce,dans le cadre de son programme «Doing Research in Social Sciences», visant à soutenir les efforts des Gouvernants dans leur quête de promotion de l’essor de la recherche scientifique. Elle a été soutendue par une enquête directe conduite auprès des centres et instituts de recherche (35), des chercheurs (208) et des utilisateurs des produits de la recherche en sciences sociales (48). Les résultats de cette enquête ont abouti à la construction de l’Indice «Doing Research in Social Science» (DRSS), renfermant les 6 dimensions que sont : la disponibilité et la qualité des Infrastructures Physiques, du Capital Humain, le Renforcement des capacités et les incitations diverses, la Documentation, les Technologies de l’Information et de la Communication et le Réseautage.

 

L’Etude a impliqué sept (7) équipes de recherche dans onze (11) pays dont la Côte d’Ivoire, au cours d’une phase pilote. Les résultats obtenus en Côte d’Ivoire, ont été vulgarisés au cours d’un séminaire de dissémination qui s’est tenu le vendredi 29 avril 2016, à la Bibliothèque de l’UFRSEG. Environ une centaine de participants issus des institutions de recherche, du secteur public, du secteur privé, de la société civile, etc.), y ont pris part, au nombre desquels les responsables de l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, avec à leur tête, Prof. Bakayoko Ly Ramata, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.

 

Notons que les résultats de l’Etude ont été analysés sous divers angles par les Professeurs Roch YAO GNABELI, Sociologue, Directeur du LAASSE, Koli BI ZUELI, Directeur du Laboratoire des Milieux Naturels de l’IGT et Abraham GADJI, Chef de Département du Droit Public.

Le Prof. Atta Koffi, VP de l’UFHB de Cocody.
Les participants ont...
marqué leur intèrêt pour cette étude.
Les commentaires de...

 

Prof. BAKAYOKO LY Ramata, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Prof. BAKAYOKO LY Ramata, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique: «Je me sens interpelée face à l’ampleur des gaps à combler»

 

Je reste convaincue du rôle important de la Recherche-Développement dans la conduite de l’action publique. Je voudrais ainsi vous rassurer de mon attachement, dans la lignée de celui de Son Excellence Monsieur le Président de la République et de tout le Gouvernement, au développement de la recherche appliquée et à toute activité visant à rapprocher les Chercheurs des Décideurs.

 

La CAPEC est pour nous un centre de référence en matière de recherche et de renforcement des capacités, qui fait honneur à la recherche en Côte d’Ivoire et spécifiquement à l’Université Félix Houphouët Boigny. Recevez chers chercheurs, Monsieur le Directeur, vous et toute votre équipe, mes chaleureuses félicitations.

 

Pour en revenir aux résultats de l’étude évaluative de l’environnement de la Recherche en Sciences Sociales en Côte d’Ivoire, je voudrais noter dans un premier temps que ce type d’études est à encourager et à susciter. SEM Le Président de la République, est lui-même très préoccupé par l’amélioration des conditions de la recherche dans notre pays, car il reste convaincu que l’Emergence de la Côte d’Ivoire ne pourra s’obtenir sans des investissements dans les innovations dont le véritable moteur demeure la recherche. Vous comprenez pourquoi, il a accepté de revaloriser les Primes de recherche dont les premières tranches sont payées depuis quelques jours.

 

Au sein de mon département ministériel, un intérêt capital est porté sur la compréhension des leviers sur lesquels il faut jouer pour plus de production académique et spécifiquement pour des résultats de recherche qui soient utiles à l’orientation de la prise de décision en vue du Développement de notre pays.

 

Vous comprenez donc que les résultats de cette étude de la CAPEC sont les bienvenus. Ce travail qui se fonde sur des enquêtes auprès des acteurs et utilisateurs nous éclaire sur les faiblesses des institutions de recherche et les besoins en renforcement des capacités des chercheurs, sur les facteurs qui expliquent la production de la recherche et sur les caractéristiques et les appréciations des utilisateurs.

Quoique se référant seulement à la recherche en Sciences Sociales, il apparaît que certains aspects de ces résultats peuvent s’étendre à l’ensemble des institutions de recherche et des Chercheurs en Côte d’Ivoire. Je me sens interpelée face à l’ampleur des gaps à combler. Les résultats au niveau de l’Indice qui a été calculé par la CAPEC montrent bien l’immensité du travail à accomplir pour hisser nos Centres de recherche, nos Unités de formation et de Recherche, je dirai nos Universités publiques, au niveau des universités de référence dans le Monde.

 

Les Recommandations de cette étude qui révèlent la nécessité de renforcer les capacités physiques des institutions de recherche, de mettre l’accent sur les Technologies de l’Information et de la Communication, sur l’accessibilité aux bases de données, sur le renforcement des capacités des Chercheurs, sur les incitations, le réseautage des chercheurs et sur la coopération internationale, seront analysées profondément en vue de leur prise en compte. Je demande ainsi à la CAPEC de me suggérer dans les meilleurs délais des matrices d’action issues de ces recommandations.

 

Je me réjouis de ce que l’étude ait inscrit comme recommandation l’arrimage d’une partie de la prime de recherche à la production des chercheurs. Je vais organiser un atelier de réflexion sur cette question, car je crois que pour véritablement encourager la recherche et surtout une recherche qui intéresse les décideurs à tous les niveaux, il nous faut améliorer la structure des incitations.

 

La prime de recherche, comme l’indique le récent décret, devra non seulement favoriser de meilleures conditions de recherche au plan individuel mais aussi sanctionner l’activité de recherche. Il semble pertinent donc de discriminer entre les chercheurs au regard de la quantité et de la qualité de leur production. Ce qui exigera la définition de critères clairs d’évaluation des travaux de recherche qui pourrait impliquer les utilisateurs.

 

D’où mon intérêt pour cette étude. C’est à juste titre donc que j’attends avec impatience la matrice d’actions découlant des résultats de cette étude afin de les exploiter. Je souhaite par ailleurs, que de nombreuses autres opportunités de ce genre puissent se dégager dans le domaine de la recherche scientifique appliquée, afin de nous permettre d’élargir notre horizon de perception des facteurs sur lesquels il faut agir rapidement et de façon adéquate pour une amélioration de l’environnement de la recherche et par ricochet de la production de la recherche en Côte d’Ivoire.

 

A vous tous, acteurs du développement qui ne cessez d’apporter un appui significatif à notre processus de développement, je voudrais renouveler mes sincères remerciements pour votre présence en nombre et en qualité. Je reste convaincue que la présentation faite par le Directeur de la CAPEC, les commentaires des rapporteurs et les échanges ont été fructueux et ont permis d’identifier des pistes de travaux complémentaires pour les chercheurs. Ma satisfaction, en tant que Marraine de cette rencontre scientifique, sera plus grande si vous les Décideurs, à différents niveaux, repartez de ce milieu du Savoir avec la conviction que nous devons conjuguer les efforts pour de meilleures conditions de recherche et pour une recherche beaucoup plus au service du Développement et moins tournée uniquement vers la quête de la promotion académique, tel que révélé par l’étude.

 

 

Mayane YAPO, Chargée de la Communication et de la Visibilité de la CAPEC
 
     
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