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COMPTE RENDU

 

Interview Professeur Koby Assa Propos recueillis



ETUDES PROSPECTIVES ET PLANIFICATION

25 cadres outillés à la culture prospective


La Prospective est l’anticipation au service de l’action. Elle renvoie à l’exploration de l’avenir. Dans ce sens, l'action qui n'a pas de but n'a pas de sens. L'anticipation éclaire l'action et lui donne un sens avec le double sens du mot sens: direction et signification. Une organisation sans vision n’a donc pas d’avenir ». (M.GODET)

Les nations développées l’ont si bien compris qu’elles ont vite fait d’intégrer le long terme dans la construction de leur avenir. A l’inverse, relève le Professeur KOBY Assa Théophile, Professeur de géographie, spécialiste en aménagement du territoire, Expert en Prospective territoriale, planification stratégique et développement régional et local, consultant:

«La navigation à vue et la gestion des urgences minent les sociétés sous-développées, surtout les pays africains ».

Il ajoute, en outre, que la pensée en Afrique est ajustée au rythme de la dynamique de la mondialisation qui déconstruit les Etats. Avant de s’interroger: «Comment alors éviter l’ajustement des pensées en Afrique? Comment acquérir une marge d’autonomie pour la construction de l’avenir des pays africains?»  

C’était à l’occasion d’un séminaire organisé par la Cellule d’Analyse de Politiques Economiques du Cires (CAPEC) sur «Etude prospective et planification
» qu’il a animé, du 26 au 27 octobre 2009, à Grand-Bassam.

Au total, 25 cadres de l’administration publique et de certaines structures de l’Etat, responsables de la planification ont pu bénéficier de cette formation qui avait pour objectif spécifique de les familiariser avec les concepts, les caractéristiques, l’objet et l’esprit de la prospective et de leur présenter quelques outils d’analyse utilisés pour les études prospectives. Au terme de cette formation, M. GBO Yao Bernard, Directeur de la Planification, de l’Evaluation et des Statistiques au Ministère de l’Education Nationale, a au nom de ses pairs, remercié la CAPEC pour cette initiative.


©Photos M.Y M.GBO Yao Bernard

Non sans inviter à la sensibilisation des décideurs aux fins de les familiariser avec la pratique des études prospectives.

«Sans cela, ce sera les perpétuels recommencements, les navigations à vue, véritables freins à toute croissance et/ou développement durable. La Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays subsahariens a raté la révolution industrielle. Elle est même entrain de passer à coté de la révolution agraire, faute d’anticipation au service de l’action. L’immédiateté, à travers le court terme et même le très court terme a malheureusement pris le pas sur le futur qui consiste à voir loin ».

Notons que le second volet de ce séminaire portant sur la Planification n’a pu être véritablement abordé faute de temps. Cela, au grand dam des participants.

Photo de famille.

Remise de diplome de participation...
Les sept idées clés de la prospective(Extrait de l'exposé)  


1

  NOUS POUVONS CHANGER ENSEMBLE LE MONDE

  • Le monde change avec nous, sans nous, ou contre nous.
  • L’avenir est notre affaire, ne pas se laisser déposséder.
  • La maîtrise du changement est d’abord une «question de volonté et de capacité à entraîner les hommes vers un projet commun».
  • La trajectoire de l’histoire n’est jamais prédéterminée, d’autres issues sont toujours possibles.
  • Le passé était ouvert à d’autres avenirs.
    Le meilleur comme le pire est toujours devant nous : nous pouvons progresser ou retourner à la barbarie.

2

  L’IMPORTANCE DE L’INCERTITUDE

  • L’incertitude est vitale pour le rêve.
  • Elle est une chance à saisir
  • Incertitude et rêve forment un couple dialectique qui «condamne toute erreur de prévisibilité totale».

3

  LA PROSPECTIVE, UN MESSAGE

 

  • pour ceux qui veulent prendre leur destin en main;
  • imaginer l’avenir autrement;
  • changer le présent;
    Faire de l’utopie d’aujourd’hui une réalité de demain.

4

  UNE INDISCIPLINE INTELLECTUELLE DANS UNE DISCIPLINE NON CLOISONNEE

  • La prospective est une discipline non cloisonnée.
  • La prospective est une «indiscipline intellectuelle», une idée de Pierre Massé (1973)
  • Une discipline pour lutter contre la tyrannie des idées dominatrices.

5

  LE TEMPS DE LA CITOYENNETE PROSPECTIVE

  • Une idée de Hugues de Jouvenel.
  • Met en avant le changement dans le sens des aspirations collectives.
  • Met en avant l’intérêt de l’appropriation collective pour bâtir ensemble.
  • Suggère «une révolution mentale pour agir partout où nous nous trouvons » (famille, quartier, village, ville, entreprise, région, nation).
  • Vise un monde de demain meilleur que celui d’aujourd’hui.
  • Prône la métamorphose des comportements dans les structures et les organisations.
  • S’intéresse aussi bien à l’évolution globale de la société qu’à la stratégie de management des entreprises.

6

  UNE DEMARCHE

  • Pour armer intellectuellement «les conspirateurs du futur».
  • Apprendre les règles permettant d’éviter les erreurs de prévision.
  • Apprendre à chasser les idées reçues non fondées.
    Développer les réflexes indispensables pour bien éclairer l’action par la raison et l’anticipation.

7

  MARIER RAISON ET PASSION

  • Ne pas opposer raison et passion, mais plutôt les marier.
  • « Sans la raison, la passion est aveugle, et sans la passion qui anime le désir et le projet, la raison se mène nulle part».
    Se donner le temps de ne pas être pressé par l’urgence.
Conclusion
«L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare».
La Prospective met la réflexion stratégique au service de l’action.
Prospective et stratégie sont deux domaines liés mais disjoints; elles permettent de se donner une autonomie de pensée pour agir. Avec la prospective, «vous saisissez la responsabilité de votre avenir ».



Mayane YAPO

Chargée de la Communication et de la Visibilité de la CAPEC

 
Interview


Prof KOBY Assa Théophile, Expert en Prospective territoriale, planification stratégique et développement régional et local: «C’est le scénario que nous avons projeté qui est en train de se dérouler»

Professeur, qu’est-ce qui fonde réellement l’importance de la Prospective ?

C’est l’inquiétude que nous avons face à l’avenir. Si l’on gère les urgences, sans anticiper pour construire l’avenir, on est surpris par l’avenir.

Vous avez fait cas dans votre exposé de certains scénarios qui ont été créés dans le cas de ‘’Côte d’Ivoire 2010’’. Au nombre de ceux-ci : ‘’La chauve-souris étranglée’’, ‘’L’éléphant qui marche’’ et ‘’La ruche de l’abeille’’. Pourriez-vous revenir sur ces images ?

Ces scénarios n’étaient pas des prévisions, c’était textuellement des images du futur que nous avons essayées de projeter en faisant un jeu d’hypothèses, à partir d’un certain nombre d’incertitudes. Par exemple, nous disons : s’il y a une bonne culture démocratique dans le pays, une bonne gouvernance, si l’armée est républicaine… nous combinons tous


Prof. KOBY Assa Théophile, Expert en Prospective territoriale, planification stratégique et développement régional et local
ces jeux d’hypothèses et nous obtenons des conditions qui sont favorables au développement alors que les facteurs externes sont difficiles. Mais, parce que la cohésion règne, ça marche. Il y a des cas où les facteurs externes sont favorables, alors qu’en interne, les conditions ne sont pas favorables. On marche vers l’échec. Tous les scénarios sont accompagnés d’un message. Il n’y a pas que de scénarios pessimistes. Le scénario de ‘’la Chauve souris étranglée’’ a été conçu en 1995. Tout en se projetant dans le futur, on est parti de l’hypothèse que la gouvernance n’était pas bonne dans le pays, que les problèmes d’ethnies n’étaient pas bien maîtrisés. On a également relevé des problèmes religieux, l’attitude partisane des partis politiques et de l’armée. Lorsqu’on met tous ces ingrédients ensemble, on a des situations qui sont difficiles à gérer, on a un système instable. Il y en a qui veulent régler ces problèmes et l’on débouche sur un coup d’Etat. L’on sait que les coups d’Etat sont des situations anormales et d’une manière générale, on sait que les coups d’Etat en entraînent d’autres. Et cela nous mène à des situations pareilles à celle dans laquelle nous nous trouvons. Depuis 1990, on n’arrive pas à s’en sortir. C’est le scénario que nous avons projeté qui est en train de se dérouler ici. Ce n’était même pas une prévision, il y a eu coïncidence entre l’hypothèse et la réalité actuelle. Dans le scénario ‘’l’Eléphant qui marche’’, les facteurs externes sont mauvais, mais la gouvernance est bonne.


Etait-ce sur la même période?

Oui, c’est toujours au même horizon. Lorsque vous faites un scénario, vous mettez des cheminements. Vous pouvez y introduire des ruptures ou des bifurcations. Vous projetez l’image comme si vous racontiez une histoire et dans cette histoire, vous faites des séquences. Exactement, comme dans un film. On peut se servir des scénarios pour réaliser des films.

Revenons à l’Eléphant qui marche…

Je disais donc que dans ce scénario, les facteurs externes sont défavorables. La conjoncture économique, l’environnement international, tout est défavorable. Mais malgré tout, on arrive à se développer parce les facteurs internes sont maîtrisés, il y a la cohésion sociale, les objectifs politiques sont clairs. L’environnement externe, quoique défavorable, ne peut pas empêcher d’atteindre de bons résultats. Tout dépend donc des facteurs internes. Tandis que dans ‘’La ruche de l’abeille, tout est bien. La gouvernance est bonne, l’environnement international est bon, la démocratie est bonne. C’est un scénario qui est idyllique. Or dans la réalité, on ne peut avoir des scénarios dans lesquels tout est bon face à l’avenir. Ce n’est pas possible! C’est un scénario qu’on ne peut donc retenir parce que dans la réalité, on aura toujours des difficultés.


Avec tout ce que vous affirmez on peut être tenté de dire que la Prospective s’apparente à un ‘’oiseau de mauvais augure’’ ?

Non, il n’est pas juste de dire que la Prospective est un oiseau de mauvais augure! Les scénarios permettent d’avoir plusieurs types de cheminements que vous combinez. Avec ces cheminements, vous ne pouvez pas voir uniquement l’avenir en rose. Vous pouvez toujours avoir des difficultés qui vous attendent. J’ai parlé du scénario de Shell. Habituellement, les prix du pétrole ont toujours été bons, mais Shell a jugé qu’on pouvait avoir aussi de bas prix. Ils ont cherché à savoir ce qui pouvait conduire à de mauvais prix.Ils ont mis en place un scénario dans lequel les prix grimpent. Et cela, à partir d’hypothèses qui favorisent cela. Notamment, la guerre israélo-arabe, l’épuisement des gisements, l’instabilité dans les pays producteurs de pétrole tel qu’en Irak, etc. Ils ont également projeté des images du futur qui ne sont pas du tout défavorables, dans ces conditions, les prix grimpent. Shell qui avait prévu cela s’est interrogé sur la politique à mener. Ils se sont également interrogés sur la politique à mener au cas où les conditions deviendraient défavorables. Ils ont donc développé pour leur entreprise des réponses leur permettant de gérer cette situation difficile. C’est là que se situe l’intérêt du scénario. Il y a eu par la suite, effectivement une guerre et Shell a sorti en quelque sorte ses parades et ceux qui n’avaient pas fait attention, ont été surpris.

 

Qu’est que la Planification ?

La planification est tout à fait différente. Vous avez un objectif que vous projetez dans le long terme. Vous le situez dans le temps. Vous voulez par exemple que la Côte d’Ivoire devienne une puissance émergente en 2025. Pour réussir, vous découpez le temps en différentes étapes (ex sur 5 ans, je dois avoir atteint tel objectif, par rapport à tel projet qui doit me permettre de faire telle réalisation). Si je veux planifier cela, j’aurai des besoins en Ressources Humaines, en ressources financières, des capacités organisationnelles, la mise en œuvre de stratégies et des capacités pour contrôler et évaluer. C’est cela la Planification stratégique.

Vous avez dit que depuis 1973, la Côte d’Ivoire a mis en place plusieurs plans. Qu’est-ce qui fait qu’on a pas prévu un plan pour le cacao qui est l’une des mamelles de l’Economie ?

Pourquoi a-t-on mis en place la Caisse de stabilisation ?
C’est pour faire face à la fluctuation des prix. Lorsque les prix sont mauvais, on paie les planteurs à un prix qui est garanti d’avance et lorsque les prix sont bons, on engrange de l’argent. Lorsque les prix baisseront, c’est cet argent qui permettra de stabiliser les revenus des paysans. Dans ces conditions-là, c’est la politique menée qui permet de réduire l’incertitude du paysan. A l’époque, les paysans avaient des revenus qui leur permettaient d’accroître leur production. Nous avons été, malgré tout, les premiers producteurs dans une conjoncture où tout était fluctuant. L’Etat lui-même gagnait de l’argent. En 1977, le prix du kilo de café a énormément grimpé et cela a permis à l’Etat d’engranger près de 2000 milliards, rien qu’avec le café. Cependant, entre 1985 et 1990, les prix ont baissé et l’Etat a sorti une partie des réserves pour payer aux paysans toute leur production. Dans la conjoncture où nous sommes actuellement, la Banque Mondiale est intervenue pour nous demander de ne pas soutenir l’agriculture et de faire en sorte que les prix soient fluctuants pour que le paysan gagne plus. Certains pays, tel le Ghana ont refusé de suivre le choix de la Banque Mondiale. Ils sont restés sur les prix soutenus et aujourd’hui ils gagnent plus d’argent. Lorsque les paysans ont l’argent, il y a la stabilité politique et lorsqu’ils n’en ont pas, il y a la crise sociale.

Pourquoi la Prospective est-elle méconnue?

Cela dépend du milieu dans lequel nous sommes. Nous faisons de la Prospective depuis 1973, nous avons eu des résultats. On a appliqué les plans et les projets qui ont été faits. Entre 1960 et 1980, il y a eu un Ministère du Plan fort qui a fait de bons résultats. Malheureusement, ces résultats n’ont pas été suffisamment communiqués au public. C’est maintenant qu’on commence à divulguer les résultats des études prospectives. En 2000, on a fait une étude des aspirations de la population dont les résultats n’ont pas été publiés.

Que renfermait cette étude?

On a interrogé des personnes pour savoir ce qu’elles pensent de l’avenir du pays au plan politique. Ils ont répondu par exemple que des progrès ont été réalisés à ce niveau et que la démocratie avance quand même. Ils ont également noté qu’ils appréciaient la convivialité interethnique, la politique du dialogue et de la paix. On leur a également demandé ce qu’ils pensaient de la CEDEAO. Et est-ce qu’ils pensaient que tout le monde devrait appartenir à la même citoyenneté dans la CEDEAO. Les Ivoiriens ont répondu non. Toutes ces informations n’ont pas été diffusées à la population.


Pour en revenir à la situation actuelle, dans quel scénario sommes-nous ?

C’est le scénario que nous redoutions le plus qui se déroule en ce moment. Il y a eu un coup d’Etat, les militaires ont pris le pays en otage, ils essaient de négocier, mais comme ils se méfient les uns des autres, on n’arrive pas à s’en sortir et on a des difficultés pour aller aux élections. C’est la peur des uns et des autres, le manque de confiance réciproque et on eu des recours de l’extérieur. On a eu l’implication des acteurs internationaux tels que l’ONU, L’UEMOA, la CEDEAO, L’UNION AFRICAINE, l’UNION EUROPEENNE, les Etats-Unis, la Chine, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, etc. Compte tenu du poids géographique de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest, tout le monde s’est impliqué, mais on n’est pas encore sorti de la turbulence.

La Prospective propose-t-elle des solutions aux différents scénarios qu’elle propose ?

Lorsqu’on vous donne un message du genre ‘’si vous ne faites pas telle ou telle chose, vous pouvez avoir un coup d’Etat’’. C’est à vous qui gouvernez de voir quel dispositif mettre en place pour voir si ce que vous redoutez se réalisera et ainsi, vous apportez des correctifs. Vous devez trouver la solution dans la densité du message qui vous a été communiqué. C’est en ce moment qu’on parle de veille stratégique.

 

Interview réalisée par Mayane YAPO, Chargée de Communication de la CAPEC

 

 

Propos recueillis

M. Bouo Bella Lambert, Directeur des études et de la Prospective à l’ATCI


Ce séminaire m’a beaucoup apporté. Il m’a, surtout, permis de connaître les outils qui existent dans les études prospectives. Je les utiliserai pour faire des études prospectives afin de pouvoir analyser l’avenir dans les Télécommunications.



Jonas Baikeh, Journaliste Soir Info


Pour mieux informer, un journaliste doit lui-même être bien formé. La Planification n’est pas un domaine forcement acquis pour le journaliste. C’est en cela que je pense que cet atelier organisé par la CAPEC nous a permis de renforcer nos capacités, d’apprendre beaucoup de choses. Cela nous permettra à coup sûr de mieux informer nos lecteurs.



Likane Gérald, Cadre administratif à la SODEMI


Cette formation a présenté un réel intérêt pour moi dans la mesure où les études prospectives ne sont pas toujours entreprises sous nos cieux. J’ai donc saisi l’opportunité que m’a offerte ma structure pour venir comprendre la Prospective et m’en m’imprégner afin de me servir des divers outils pour planifier, faire des prévisions dans mon domaine qui est la gestion des Ressources Humaines. J’encourage cette initiative de la CAPEC et je souhaite pouvoir être toujours invité à ce genre de formation.



Mme Coulibaly Fatoumata, Chargée d’études à la DIPS (Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle)


C’est la première fois que j’assiste à un séminaire sur la Prospective. Il est vrai que nous n’avons pas pu aborder le volet Planification pour lequel je suis venue mais, les scénarios utilisés peuvent nous servir pour la planification à court terme.



M. Diaby Moustapha, Conseiller Technique du Premier Ministre


L’étude prospective est une très bonne chose pour la prévision dans la mesure où, les gouvernants pourvoient à long terme les prévisions du pays et identifient les besoins en vue de leur apporter des solutions.



Marcelle Aka, Journaliste à L’Inter


Pendant ces deux jours, nous avons appris assez de choses. L’animateur nous a donné les rudiments en ce qui concerne la Prospective et la Planification. Je sais aujourd’hui que rien ne doit se faire au hasard. Il faut mener une étude au préalable, poser le diagnostique à partir d’une idée, d’un problème. Et une fois le diagnostic posé, construire des scénarios pour faire la programmation sur le long terme. Je voudrais profiter pour faire remarquer qu’il n’y a pas de volonté politique pour accompagner les études qui sont menées. Au point où, aujourd’hui, je suis écœurée de savoir que malgré l’existence d’études sur ‘’Côte d’Ivoire 2000’’ ; ‘’Côte d’Ivoire 2010’’ ; ‘’Côte d’Ivoire 2025’’ et une autre étude en vue, le constat montre que Abidjan regorge de constructions et de modifications anarchiques. On a des éboulements de terrains et des inondations partout, la gestion des ordures qui pose un véritable problème d’environnement, l’installation anarchique des vendeuses sur les trottoirs, les caniveaux à ciel ouvert, la lagune qui est entrain de disparaître sous nos yeux..., etc. Je pense que ces aspects devraient être pris en compte dans les études à venir pour que la ville d’Abidjan puisse retrouver son lustre d’antan. Cette formation est donc bien venue et je souhaiterais qu’elle se répète au profit des journalistes. Surtout en ce qui concerne l’aspect Communication. L’accent devra être mis sur ce point parce que nous journalistes avons notre part à jouer dans la prévision des conflits.



N’Da Bla Michelle-Pélagie, Chef de Service Budget au Ministère de l’Industrie et de la Promotion du Secteur Privé.


J’ai beaucoup appris à ce séminaire. J’en sors heureuse et satisfaite. Il faut dire que j’ai étudié la Géographie avec les notions de Prospective et de Planification. Ces notions que j’ai eues à revisiter m’aideront dans la réalisation de mon budget. Pour le futur, je rêve d’embrasser une carrière préfectorale et je pense que la Prospective territoriale sera la bienvenue.



M. Ako Nomel, Chargé d’études prospectives à la Direction de la Planification et des Statistiques au Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle.


Ce séminaire vient à point nommé parce que je débute nouvellement dans le département et j’avais besoin d’outils dans le domaine. Ce séminaire est venu situer le cadre dans lequel nous pourrons travailler en Prospective et dans la réforme que le Ministre a initiée, nous serons amenés à faire des études prospectives de tous les niveaux. Moi personnellement, ça va m’aider.
( ) Je n’ai pas été tout à fait comblé par ce séminaire quoique le contenu de la formation fût dense. Cela a amené le formateur à survoler des concepts très importants. Ce que j’attendais réellement de ce séminaire, c’était surtout l’application concrète de l’analyse stratégique et surtout, l’utilisation des logiciels (Le MIC MAC, le MACTOR) que nous avons découverts au cours de ce séminaire. Ce qui a été également absent dans ce séminaire, c’est la planification stratégique alors que nous attendions ce thème. Cela nous laisse sur notre faim et j’espère que la CAPEC qui a toujours su faire les choses, pourra le rattraper en nous invitant à un autre séminaire. J’ose espérer qu’elle saura rechercher les moyens pour former davantage. Je remercie la CAPEC et le Professeur Koby Assa qui a été à la hauteur. Il nous a émerveillés à plus d’un titre par sa culture même, par son éloquence et sa maîtrise du sujet. Franchement, je serai fier d’être un élève, un apprenant auprès de lui. J’ai été satisfait en partie parce que je recherche toujours la connaissance. Vous savez, on n’est jamais assez savant. Je tire quand même mon chapeau à la CAPEC qui peut toujours mieux faire.



Djè Abel, Journaliste à Notre Voie


Je remercie la CAPEC pour cette initiative qui est noble. La formation en elle-même a été dense, malheureusement, le formateur n’a pas pu aller dans le fond des choses, vu le temps. J’aurais souhaité avoir des cas pratiques, mais le temps ne nous l’a pas permis. Pour ma structure, c’est un plus de savoir que l’on pense à la Prospective qui est primordiale dans toutes les activités. Nous avons besoin, dans le monde actuel, de savoir où nous allons, pour éviter de naviguer à vue. Ce séminaire est bien venu pour informer la population sur les possibilités qu’offre ce domaine.



Jean-Louis Gbangbo, Rédacteur en Chef au Journal de l’Economie


J’ai été personnellement satisfait de ce séminaire. C’était un plaisir pour moi de retrouver le Professeur Koby qui m’a enseigné en année de Maîtrise, à l’Université. C’était émouvant de le retrouver ici pendant que je suis dans le milieu professionnel. Le thème du séminaire était digne d’intérêt, surtout que ce genre de thème paraît abstrait à priori, pas facile à démontrer, à expliquer. Nous en tant que porte-voix des populations qui ne sommes pas forcement imprégnés de tous ces sujets, il est important pour nous de savoir ce dont il est question, en amont, pour pouvoir bien véhiculer le message afin que ces concepts ne soient plus trop abstraits pour la population. En tout cas, j’ai appris assez de choses à ce séminaire quand bien même, le thème était tellement vaste, qu’on n’a pas pu voir tous les détails. Mais je suis quand même conscient qu’on ne pouvait comprendre en un seul séminaire un sujet aussi vaste et digne d’intérêt. Le peu que nous avons reçu, nous a permis d’avoir une idée de la chose. A nous de poursuivre la réflexion à travers les recherches pour avoir tous les éléments qu’il faut pour comprendre définitivement ce sujet. Je remercie la CAPEC pour cette opportunité qu’elle nous a offerte et je l’encourage à toujours initier ce type d’activité parce qu’on ne finit jamais d’apprendre.



Gahé Ablé, Chef de Service à la Direction de la Planification et de l’Evaluation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Ce séminaire revêt un intérêt pour moi, mais aussi et surtout pour le système éducatif et universitaire où l’on rencontre beaucoup de problèmes. Il serait souhaitable qu’on fasse des études prospectives pour mieux planifier et mieux budgétiser. Sinon, on navigue à vue et on n’arrive pas à trouver des solutions aux problèmes qui se posent.
 

 

 

 

 




  Par Mayane Y.
 

 



 


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