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Plus d'une cinquante de participants sont attendus à cette rencontre de grande envergure

VIOLENCE URBAINE EN PERIODE POST-CONFLIT EN CI : Lancement officiel d’un projet d’étude mené par la CAPEC

  • Publié le 02 Déc, 2020

La CAPEC organise ce jeudi 03 décembre 2020, à Pullman Hôtel (Plateau), le lancement officiel de son troisième projet de recherche financé par le CRDI.  « Analyse de l’effet de l’employabilité des jeunes sur la violence urbaine en période post-conflit en Côte d’Ivoire », en est le thème. 

L’objectif de cette rencontre d’envergure (qui tiendra cependant compte des mesures de lutte contre la maladie à Coronavirus), est de présenter le projet de recherche, ainsi que les résultats préliminaires aux parties prenantes afin de recueillir leurs contributions pour une meilleure orientation des travaux de recherche qui en découlent. La rencontre se déroulera en présence de plusieurs personnalités, notamment M. Siaka Ouattara, Secrétaire d’Etat chargé du Service Civique et de M. Claude Goulet, Premier Conseiller et Chef de la Coopération à l’Ambassade du Canada en Côte d’Ivoire. La cérémonie sera également suivie par visioconférence par Mme Julie Crowley, Directrice Régionale du CRDI.

Pour rappel, dans une interview qu’il avait accordée récemment, Prof. Kimou Assi José-Carlos, Chercheur Senior à la CAPEC et Coordonnateur du Projet, a justifié le choix du thème, indiqué le contexte, les enjeux et les angles d’analyse de l’Etude. Ci-dessous, quelques extraits.

« La Côte d’Ivoire a connu une décennie d’instabilité qui a été une source de violence forte. Nous retenons qu’au niveau de l’environnement socio-économique, la violence est un élément qui peut perturber la trajectoire du développement d’un pays. Car, dans un contexte de violence, il peut y avoir moins d’investissements, moins de création de richesses, des pertes en vies humaines, une détérioration du capital humain qui s’est constitué à travers la formation et l’éducation, un étiolement du capital social, (les gens se font moins confiance, la suspicion s’installe entre les communautés), etc.

Tous ces éléments mis ensemble, peuvent perturber la trajectoire de création de richesses et ralentir la croissance économique. Dans le contexte de la Côte d’Ivoire, l’on se rend compte que c’est cette décennie d’instabilité qui a généré une violence dans l’ensemble du pays en termes de conflits inter groupes. Dans les communautés, dans la vie de tous les jours, l’on assiste à l’émergence de nouvelles formes de violence chez les jeunes communément appelés enfants en conflit avec la Loi ou ‘’les microbes’’ et le nombre croissant d’agressions qui se perpétuent dans différents secteurs et différentes contrées du pays. L’on ne saurait occulter une telle préoccupation dans un agenda de recherche qui vise la formation des politiques…… ( )

L’étude se focalise donc davantage sur les jeunes parce qu’ils constituent la proportion la plus élevée (+60%) de la population dans les pays en développement et particulièrement en Côte d’Ivoire. Cette jeunesse qui constitue la main d’œuvre active, lorsqu’elle n’est pas impliquée dans des activités légales ou légitimes, s’occupe autrement en se réfugiant le plus souvent dans la violence. Ce, d’autant plus que les conditions de vie des jeunes de 15 à 35 se sont suffisamment dégradées……. ( )

Nous voulons donc mener des investigations non seulement pour connaître l’impact de ce phénomène dans le secteur du transport, mais aussi pour cerner l’importance de ce secteur dans les sources de la violence. Nous partons de la préoccupation suivante : quels liens existe-t-il entre l’employabilité et la violence ?

 (  ) Du point de vue économique, la violence peut être mesurée de plusieurs manières. L’une des premières possibilités, porte sur les données policières qui recensent tous les faits de violence et regroupent un ensemble d’indicateurs consacrés dans les procédures judiciaires (homicides, vols à main armée, agressions, etc.). La police peut donc collecter ces informations et donner une idée du niveau de violence prévalant dans une communauté.  Il faut cependant indiquer que pour la conduite de recherches, ces informations souffrent d’un ensemble de limites.

.(  )  En s’intéressant au milieu du transport en général, notre étude va chercher à savoir si c’est un secteur de propagation ou de résilience qui permet de contrer la question de la violence puisque les jeunes auteurs de la violence peuvent s’y refugier pour avoir une occupation légitime et se restaurer socialement.

Si nous partons de l’hypothèse que la violence est une source d’externalité négative (un ensemble d’éléments non contrôlés par le marché), certes il peut y avoir des éléments bénéfiques qui peuvent être une économie de guerre, une économie souterraine (blanchiment d’argent), mais je ne suis pas sûr qu’un Etat légitime puisse privilégier cet aspect des choses. Par contre, un Etat voudrait avoir des conditions socio-économiques paisibles qui encourage l’initiative privée, où les propriétés des agents sont protégées de sorte à créer la prospérité. Cela représente un coût énorme pour l’Etat et le contraire pourrait signifier que l’Etat est défaillant et cela découragerait les investissements. L’Etat ne disposera donc pas de ressources fiscales pour financer tous les programmes sociaux d’éducation, de santé, etc. En définitive, les coûts sont énormes. Des travaux ont estimé ces coûts en termes de perte de points de croissance, de pertes en vies humaines (capital humain).

(   ) Si nous arrivons à analyser les quelques objectifs spécifiques tels que l’impact des programmes d’accès à l’emploi sur la violence dans le secteur des transports en commun ; l’impact des programmes de réinsertion des jeunes en milieu carcéral ; si nous arrivons à produire de l’évidence, des données factuelles et probantes, nous devrions pouvoir atteindre notre objectif ultime qui est de fournir des recommandations de politiques économiques pour éclairer la prise de décision. 

 

                                                                                                         Mayane YAPO, Chargée de la Communication et de la Visibilité de la CAPEC

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